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Tout savoir sur le vin blanc de macération "orange" ou "ambré"

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Le vin orange est une énigme pour beaucoup d'œnophiles, mais c'est peut-être la plus ancienne forme de vin connue ! S'il s'agit bel et bien d'un vin produit exclusivement à partir de raisins blancs, il est vinifié exactement comme on le ferait pour un vin rouge, ce qui lui donne cette robe ambrée si caractéristique et sa fameuse appellation de « vin blanc de macération ». Mais comment l'élabore-t-on exactement ? D'où vient-il ? Et surtout, quel goût a-t-il et comment l'accorder à table ? Découvrez mon guide complet pour devenir un·e véritable expert·e du sujet en 5 petites minutes.

En résumé : ce que vous allez découvrir dans ce guide sur le vin orange

  • Sa définition : Le vin orange (ou vin ambré) est un vin blanc de macération. Il est issu exclusivement de raisins blancs, mais vinifié exactement comme un vin rouge (le jus macère avec les peaux et les pépins).
  • Ses origines : Né en Géorgie il y a plus de 5 000 ans avec une vinification traditionnelle en jarres d'argile enterrées (kvevri), il a été remis au goût du jour dans les années 1990 par des vignerons italiens et slovènes en quête d'authenticité.
  • Son profil aromatique : Cette macération lui confère sa robe orangée, une structure tannique inédite pour un blanc et des arômes complexes (fruits secs, miel, agrumes confits, épices douces).
  • Les accords mets et vins : Grâce à sa polyvalence, il accompagne à merveille les plats épicés (curry, tajine), les viandes blanches, les fromages de caractère et même les desserts au chocolat.
  • Le bon service : Oubliez les températures trop fraîches ! Pour libérer tous ses arômes, servez-le entre 13°C et 15°C dans un grand verre, idéalement après un passage en carafe.

Définition du vin orange

Le vin orange n'a évidemment rien à voir avec une liqueur d'agrumes ou une boisson à base d'orange, de citron, de mandarine ou de pamplemousse.

Il s'agit bel et bien d'un vin issu de raisin, aussi appelé « vin ambré » ou « vin blanc de macération » (skin-contact wine), que de nombreux passionnés considèrent comme être la 4e couleur du vin (après blanc, rosé et rouge).

Néanmoins, cela reste un vin issu de cépages blancs, mais dont la vinification est identique à celle d'un vin rouge.

Processus de fabrication du vin orange

Pour obtenir du vin orange, il faut vinifier des cépages blancs comme pour faire du vin rouge.

La méthode conventionnelle pour élaborer un vin blanc exige un pressurage immédiat pour séparer le moût des parties solides. Mais pour le vin de macération, on cherche justement le contact prolongé entre le jus et le marc.

Étape 1 : Extraction des composés phénoliques
Partie du raisin Impact sur le vin
Pellicules (peaux) Elles contiennent les précurseurs aromatiques et les pigments appelés flavonoïdes, que l'on veut libérer. Sous l'influence de l'acidité et d'une oxydation ménagée, ces flavonoïdes mutent pour conférer au vin sa robe ambrée.
Pépins Ils constituent la source essentielle de tanins condensés (proanthocyanidines). Leur extraction est un lent processus qui nécessite la dégradation de la couche lipidique entourant le pépin dans un milieu riche en alcool.
Rafles Leur utilisation reste un choix de style lors des vendanges. Si elles favorisent la clarification naturelle du moût, elles peuvent également apporter une amertume plus marquée et une structure tannique plus dure. Dans le cas des vins rouges, c'est souvent pour cette raison que l'on procède à l'éraflage avant la macération.
Étape 2 : Macération et fermentations
(Durée de quelques jours à plusieurs mois)
Vinification Impact sur le vin
Fermentation alcoolique Elle s'opère généralement de manière spontanée grâce aux levures indigènes présentes sur les peaux. Le pigeage du chapeau de marc (on casse manuellement cette couche solide qui se forme en surface pour la mélanger avec le jus) permet d'optimiser l'extraction de matière et de réguler la température.
Macération post-fermentaire Le maintien du contact avec le marc après l'épuisement des sucres permet une polymérisation des tanins, ce qui les rend plus stables et plus agréables à la dégustation.
Fermentation malolactique Quasi systématique, elle est accélérée par la présence des peaux, riches en bactéries lactiques. Elle aide à stabiliser biologiquement le vin et à diminuer la perception de l'acidité, ce qui apporte de la rondeur.
Étape 3 : Contenants et évolution physico-chimique
Effet Impact sur le vin
Contenant Du choix du contenant dépendent les échanges gazeux à venir. Dans le Kvevri géorgien (jarre en argile enterrée), le Karas arménien ou l'amphore, on peut obtenir une micro-oxygénation du fait de la porosité des matériaux. Dans une cuve en inox inerte, on cherche surtout à préserver la fraîcheur variétale et les arômes de fruits.
Évolution aromatique La macération prolongée induit une baisse de l'acidité totale (précipitation du bitartrate de potassium). La palette aromatique évolue et les esters fruités primaires laissent place à des notes de fruits secs, de miel ou de tabac.
Capacité antioxydante La forte concentration en composés phénoliques confère à ces vins blancs de macération une grande résistance aux effets de l'oxydation. Ce qui permet aux vignerons de réduire drastiquement l'ajout de sulfites lors de la mise en bouteille.

Origine et développement du vin orange dans le monde

Géorgie : berceau du vin blanc de macération

L'histoire du vin orange, ou vin ambré, nous emmène dans le Caucase méridional, au carrefour des influences de l'Asie occidentale et de l'Europe de l'Est, sur les terres de l'actuelle Géorgie. Comme sa voisine l'Arménie, la Géorgie fait à ce jour partie des berceaux supposés de la viticulture, avec des preuves archéologiques datant de l'ère néolithique (environ 6 000 à 5 000 av. J.-C.).

Parmi les objets identifiés et analysés, on retrouve le kvevri (ou qvevri), une jarre ovoïde en argile dont la morphologie n'a quasiment pas évolué depuis des millénaires. Ces récipients, dont la capacité peut varier de quelques litres à plus de 3 500 litres, étaient et sont toujours traditionnellement enfouis dans le sol des marani (les caves géorgiennes).

Sur le plan thermodynamique, le fait d'enfouir ces jarres permet de réguler naturellement la température de fermentation, ce qui est très important pour la stabilité du processus. L'étanchéité des parois poreuses de l'argile est assurée par une fine couche de cire d'abeille, ce qui permet une micro-oxygénation ménagée, tout en prévenant les infiltrations d'eau externe et le développement de biofilms bactériens indésirables.

Par le biais de cette méthode particulièrement développée dans la région de Kakhétie, les raisins blancs sont vinifiés comme des rouges. Le moût fermente et mature en contact prolongé avec la chacha (terme géorgien désignant le marc : peaux, pépins et parfois rafles). Cette méthode, née à une époque où le pressurage immédiat et la clarification rapide étaient techniquement complexes, permet d'extraire des composés phénoliques qui protègent des antioxydants naturels.

Veuillez noter que cette méthode de vinification géorgienne a été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en 2013.

Années 1990 : les vins oranges de la contestation en Italie et en Slovénie

C'est au cours des années 1990 que la production du vin orange connaît un développement en dehors de son Caucase natal, notamment du côté de la région de Collio, en Frioul-Vénétie Julienne (dans le nord-est de l'Italie) et dans la région de Goriška Brda en Slovénie.

Pour le comprendre, il faut d'abord remonter aux années 1960 et 1970, époque qui connaît l'introduction généralisée des cuves en acier inoxydable et des systèmes de contrôle des températures. Cette étape a conduit petit à petit à l'uniformisation des vins blancs que nous connaissons toujours aujourd'hui. Il fallait alors privilégier la fraîcheur aromatique immédiate et la clarté des jus, exempts de dépôts.

En réaction, certains vignerons ont commencé à explorer d'autres voies dites « anti-œnologiques », comme la production de vin orange ou encore la production de « vin nature ».

➡️ Découvrez mon guide complet sur le vin nature

Ce mouvement visait à rejeter une viticulture jugée trop scientifique et technique, qui systématise l'usage d'adjuvants et de sulfites ajoutés, au profit d'une méthode artisanale, perçue comme plus authentique et respectueuse du vivant, basée sur l'extraction des composés phénoliques et des antioxydants naturellement présents dans la pellicule des raisins blancs.

Parmi ces vignerons explorateurs, on trouve des figures comme :

  • Joško Gravner : après s'être essayé à l'élevage en barriques de chêne, Gravner a opté pour un retour radical vers les méthodes traditionnelles. En 1996, il réalise son premier essai concluant de macération avec le cépage Ribolla Gialla. Son voyage initiatique en Géorgie en 2000 a constitué un véritable point de bascule : il décide alors de remplacer la quasi-totalité de ses cuves inox par des kvevris importés du Caucase pour viser la vinification sans intrants.
  • Stanko Radikon : il a largement contribué à définir ce style en allongeant considérablement les temps de contact pelliculaire, ce qui a produit des vins dotés d'une structure tannique absolument inédite pour des blancs.

Pour obtenir des résultats probants sans le matériel végétal géorgien, ces vignerons ont notamment utilisé des variétés autochtones de leur région qu'ils ont identifiées comme capables de supporter ces macérations intenses sans perdre le côté terroir. Il s'agit par exemple de la Ribolla Gialla, du Friulano et du Pinot Grigio.

2004 : naissance du qualificatif « vin orange »

Si la technique de macération des raisins blancs est vieille de plusieurs millénaires, l'appellation « vin orange » est quant à elle tout à fait récente. Elle aurait été créée en 2004 par David A. Harvey, un importateur britannique de la société Raeburn Fine Wines.

C'est en dégustant les vins de Sicile produits sur les pentes de l'Etna par Frank Cornelissen que cette nouvelle appellation serait née. Ce vigneron radical y produisait des vins blancs à l'aide de macérations extrêmement longues en amphore, sans aucune filtration ni ajout de soufre.

Face à la charpente tannique et à la robe orange si particulière de ces vins siciliens, David A. Harvey a rapidement compris que la mention « vin blanc » allait tromper les dégustateurs. L'adjectif « orange » s'est alors imposé comme une évidence pour décrire cette couleur unique, fruit de l'oxydation des flavonoïdes.

2020 : reconnaissance du vin ambré par l'OIV

Depuis Londres, le terme a connu une propagation fulgurante. S'il est parfois désigné sous l'appellation « skin-contact wine » à l'international (littéralement « vin de contact pelliculaire »), le nom de vin orange a surtout permis de rassembler sous une même bannière des traditions extrêmement diverses.

Face à cet engouement, l'Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV) a fini par statuer. En 2020, elle a adopté une résolution officielle définissant cette catégorie comme « vin blanc avec macération » :

  • Il doit être exclusivement issu de raisins blancs.
  • La vinification doit obligatoirement inclure une phase de macération en contact avec le marc (peaux, pépins, et parfois rafles).
  • La durée minimale de cette macération pelliculaire est fixée à 1 mois.

Développement en Europe et dans le Nouveau Monde

En l'espace de deux décennies, ce style est passé d'une production confidentielle, parfois perçue comme un peu rustique, à une catégorie à part entière.

Après l'Italie et la Slovénie, on trouve des expérimentations de macérations de deux semaines sur le cépage Savagnin dès 1992 dans le Jura en France. Cette pratique s'est étendue à tout le territoire français, notamment en Vallée du Rhône et dans le Languedoc.

Le succès de ces vins aromatiques aux États-Unis a poussé toute une nouvelle génération de vignerons à se lancer. De l'Australie à l'Afrique du Sud, en passant par la Nouvelle-Zélande, on expérimente désormais allègrement sur les temps de contact entre le jus et les peaux pour sculpter des vins puissants et texturés.

De leur côté, l'Afrique du Sud et le Canada (via la province de l'Ontario) ont légiféré sur ces vins de macération dès 2015 et 2017. En Géorgie, la loi reconnaît d'ailleurs officiellement la couleur ambrée au même titre que le rouge, le blanc ou le rosé.


Quel goût a le vin orange ?

Si vous souhaitez directement découvrir les arômes du vin orange, rendez-vous dans le tableau ci-dessous 👇.

Pour les curieux, voici les explications scientifiques de la naissance des arômes si particuliers du vin blanc de macération :

  • Déclin des esters : les esters fermentaires, responsables des notes de « pomme » ou de « fleurs » dans les blancs classiques, diminuent lors d'une macération prolongée.
  • Émergence des norisoprénoïdes et benzénoïdes : le contact avec la peau favorise l'augmentation du 3-oxo-α-ionol (un norisoprénoïde), responsable des notes caractéristiques de miel et de tabac. L'intensité aromatique est également renforcée par des composés benzénoïdes comme l'acétovanillone.
  • Notes tertiaires et oxydation ménagée : la présence de phénols flavonoïdes catalyse la formation de molécules comme le sotolon, ce qui donne des nuances de noix, de curry ou de thé noir, typiques des vins d'évolution.
  • Composés soufrés : la disponibilité accrue d'acides aminés issus des peaux favorise la production de composés soufrés fermentaires comme le sulfure de diméthyle (DMS), ce qui enrichit le bouquet de notes de coing ou de truffe.
Phase Description
Robe Teinte : La robe varie d'un jaune d'or profond à un brun ambré ou orangé, selon la durée de macération et le cépage utilisé.
Limpidité : Ces vins présentent fréquemment une robe légèrement trouble ou un dépôt, car ils sont souvent élaborés avec un minimum d'interventions techniques, sans collage ni filtration intensive.
Nez Arômes caractéristiques : On y retrouve fréquemment des notes de fruits secs (noix, noisette, amande grillée), de miel, de figues séchées et de tabac.
Notes d'évolution : Le nez peut également révéler des nuances de thé noir, d'épices douces (cannelle, curry, poivre blanc), de foin, et parfois des arômes de torréfaction comme le café ou le pain grillé.
Agrumes confits : Des notes d'écorce d'orange, de kumquat ou de zeste d'agrumes apportent une belle fraîcheur.
Bouche Structure : Le vin possède une texture riche et ample, avec une sensation de volume et de densité bien supérieure aux blancs traditionnels.
Astringence : La macération pelliculaire longue confère au vin une teneur élevée en tanins, ce qui génère une sensation d'astringence et une élégante amertume qui équilibre le vin.
Équilibre : Ces vins sont généralement très secs (faible teneur en sucres résiduels). L'acidité perçue est souvent moindre que celle des blancs classiques, car la macération induit une précipitation du bitartrate de potassium et une fermentation malolactique quasi systématique.
Minéralité : De nombreux dégustateurs notent une forte minéralité et une finale iodée.

Accords mets et vins oranges

Avec leur équilibre alliant la vivacité aromatique des blancs à la densité des rouges, les vins oranges offrent des possibilités d'accords mets et vins très intéressantes. Leur richesse en extrait sec et leur structure tannique leur permettent de se mesurer à des saveurs intenses devant lesquelles les vins blancs classiques s'effaceraient.

Type de cuisine Description
Épicé et exotique Cuisines du monde : sa structure tannique permet de contrebalancer la chaleur des plats épicés sans s'effacer. Il sera excellent sur des plats indiens (curry, dhal), thaïlandais, ou des spécialités fermentées (kimchi).
Notes orientales : Le profil aromatique épicé du vin orange s'harmonise parfaitement avec une paëlla au safran ou un tajine aux citrons confits.
Terroir Végétaux : Les légumes racines rôtis, les courges et les champignons (trompettes de la mort) se marient merveilleusement avec ses tonalités terreuses.
Accords automnaux : Un risotto aux bolets ou des plats aux noix fraîches souligneront l'élégante amertume phénolique du vin.
Viandes et poissons Côté mer : Si sa fraîcheur sied à un carpaccio de daurade ou à un beau plateau de crustacés, sa texture imposante lui permet surtout d'escorter des mets riches comme des Saint-Jacques poêlées ou des poissons gras.
Côté terre : Il accompagne avec panache le veau, les viandes blanches en sauce et les viandes confites. L'accord idéal reste le magret de canard à l'orange (rappelant les notes d'agrumes confits du vin).
Fromages et desserts Fromages de caractère : Il tient tête aux pâtes molles à croûte lavée (Maroilles, Époisses, Munster ou notre fromage de Herve), là où les tanins d'un grand rouge de Saint-Émilion pourraient devenir métalliques et durcir. Il sublimera aussi les chèvres secs ou un vieux Comté.
Dessert chocolaté : Pour clore le repas, en alternative à un Crémant, sa fine amertume crée un pont inattendu et fascinant avec un dessert au chocolat noir.

Comment bien servir le vin orange ?

Pour apprécier pleinement les vins oranges et leur complexité, vous procéderez ainsi :

  • Température de service : Ne servez jamais un vin orange à la température d'un blanc classique (8-10°C), sous peine de raidir les tanins et de masquer les précurseurs aromatiques. Une température de 13°C à 15°C (proche d'un vin rouge léger) est idéale pour apprécier sa rondeur et sa persistance.
  • Aération : Un passage en carafe est vivement recommandé pour dissiper d'éventuelles notes de réduction et permettre au vin de « s'ouvrir ».
  • Verre : Privilégiez un verre doté d'un ballon large (type verre à vin rouge), qui favorise l'oxygénation indispensable à l'expression du bouquet complexe (➡️ Découvrez mon article sur les verres à vins et spiritueux).

Découvrez les vins oranges de Wines of Earth

Pour passer de la théorie à la pratique, rien ne vaut une bonne dégustation ! Que vous souhaitiez vous initier ou que vous cherchiez une bouteille complexe ou un cadeau, j'ai sélectionné pour vous trois pépites issues du catalogue de Wines of Earth.

Trois pays, trois méthodes, mais toujours un rapport qualité/prix imbattable :

Entrée de gamme : Cuvée Le Virtu del Vignaiolo (Sicile, Italie)

  • Le domaine : Viticoltori del Mediterraneo, un beau collectif de vignerons travaillant en biodynamie.
  • Dans le verre : Élaboré à partir de Zibibbo (le nom local du Muscat d'Alexandrie), c'est une bombe. Le nez est explosif, sur des notes de pétales de roses sauvages et de citron confit. En bouche, on retrouve un équilibre fascinant entre la douceur aromatique du fruit et la fine amertume des tanins de la peau.
  • Le conseil de Jean-François : Une superbe porte d'entrée pour découvrir le vin orange, à un prix très sage (12,30 €). Ouvrez-le sur un curry vert thaï ou un tajine d'agneau aux abricots.

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Milieu de gamme : Cuvée Skin Contact (Basse-Styrie, Slovénie)

  • Le domaine : Heaps Good Wine Company, géré par Marija et Nick Gee, qui travaillent de manière écologique au pied du massif du Pohorje.
  • Dans le verre : Un assemblage sec de Furmint et de Pinot Gris. Sa robe orangée est très prononcée. Le nez s'ouvre sur les fruits blancs et les agrumes, avec une belle touche d'épices. En bouche, le vin se montre très intense, d'une grande fraîcheur, avec des notes poivrées soutenues par une structure tannique bien présente.
  • Le conseil de Jean-François : C'est une bouteille pour les amateurs avertis (16,00 €). Goûtez-la d'abord seule pour l'apprécier à sa juste valeur, puis sortez-la lors d'un barbecue entre amis ou sur une belle planche de charcuteries.

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Haut de gamme : Cuvée Zara 5/6 (Istrie, Croatie)

  • Le domaine : Domaine Roxanich, précurseur de la biodynamie en Istrie, réputé pour ses très longs élevages.
  • Dans le verre : Nous sommes ici face à un monument du millésime 2011. Ce vin est issu d'une macération de 65 jours d'un assemblage de 7 cépages (dont le Sauvignon, le Vermentino et le Friulano), suivie de près de 10 ans de vieillissement en foudres ! Le nez offre une complexité incroyable : abricot, cire, miel, épices. La bouche est soyeuse, avec une acidité qui porte le vin de manière remarquable malgré les années.
  • Le conseil de Jean-François : Une bouteille d'exception (42,00 €) pour les connaisseurs et explorateurs. Accordez-lui quelques jours de repos après le transport, et carafez-le au moins 2 heures avant le service. Il sera magistral sur des fromages affinés ou un plat de pâtes aux truffes blanches.

➡️ Découvrez le produit


Sources

  • Baiano, A., & Varva, G. (2019). Evolution of physico-chemical and sensory characteristics of Minutolo white wines during aging in amphorae: A comparison with stainless steel tanks. LWT - Food Science and Technology, 103, 78-87.
  • Buican, B.-C., Colibaba, L. C., Luchian, C. E., Kallithraka, S., & Cotea, V. V. (2023). "Orange" Wine—The Resurgence of an Ancient Winemaking Technique: A Review. Agriculture, 13(9), 1750.
  • Fedrizzi, B., Versini, G., Finato, F., Casarotti, E. M., Nicolis, E., & Ferrarini, R. (2012). Evaluation of the Impact of an Archaic Protocol on White Wine Free Aroma Compounds. Flavor Chemistry of Wine and Other Alcoholic Beverages, 8, 117-131.
  • Gómez-Míguez, M. J., González-Miret, M. L., Hernanz, D., Fernández, M. Á., Vicario, I. M., & Heredia, F. J. (2007). Effects of prefermentative skin contact conditions on colour and phenolic content of white wines. Journal of Food Engineering, 78, 238-245.
  • Sauzet, C., & Sauzet, M.-L. (2023). Le Vin Orange. Dossier technique et pédagogique, Terres Rouges Oenophiles Club (TROC).
  • Schneider, V., & Chichua, D. (2021). Orange wines: Tannin extraction kinetics during maceration of white grapes. Internet Journal of Viticulture and Enology (Infowine), 7(3), 1-9.

Foire aux questions : l'essentiel sur le vin orange

Quelle est la différence entre un vin orange et un vin ambré ?

Ces deux termes désignent le même produit. L'appellation « vin orange » est un qualificatif commercial apparu au début des années 2000. Mais historiquement, le terme « ambré » demeure l'appellation traditionnelle, particulièrement en Géorgie, pour décrire la coloration profonde acquise lors du vieillissement.

Un vin blanc de macération doit-il obligatoirement vieillir en amphore ?

Pas nécessairement. Si la tradition géorgienne exige l'utilisation de kvevris, de grandes jarres en terre cuite enfouies dans le sol, le contenant ne définit pas ce vin. Le seul critère indispensable reste la macération pelliculaire. De nombreux vignerons élaborent aujourd'hui d'excellentes cuvées dans des cuves en acier inoxydable ou de vieux foudres en chêne.

Pourquoi certains vins oranges présentent-ils des arômes de noix ou de cidre ?

La macération prolongée des peaux engendre une oxydation maîtrisée. Ce processus naturel développe une palette aromatique complexe, qui rappelle parfois le xérès, le caramel ou certaines bières de fermentation spontanée comme nos gueuzes belges. Loin d'être un défaut, cette typicité apporte toute sa profondeur à la dégustation.

Un vin orange est-il systématiquement un vin nature ?

Il convient de distinguer ces deux notions. Le vin orange correspond à une technique de vinification spécifique aux raisins blancs. Le vin nature, quant à lui, relève d'une philosophie limitant strictement les intrants, comme l'ajout de sulfites. S'ils sont souvent associés, on trouve sur le marché des vins de macération produits de manière tout à fait classique.

L'amertume est-elle un trait caractéristique du vin blanc de macération ?

Parfaitement. Lors de la macération, le jus extrait les tanins présents dans les pellicules et les pépins. Cette structure tannique, inhabituelle pour un blanc, s'accompagne d'une noble amertume évoquant l'écorce d'agrume ou le thé infusé. Elle constitue la colonne vertébrale du vin et garantit son équilibre en bouche.

Existe-t-il des vins oranges effervescents ?

L'offre s'élargit effectivement avec l'apparition de pétillants naturels issus de macération. Ces cuvées associent la vivacité de l'effervescence à la texture structurée apportée par les peaux du raisin. Elles constituent une excellente introduction à cet univers lors d'un apéritif.

Un·e expert·e peut-il identifier le terroir d'un vin orange à l'aveugle ?

L'exercice demande une bonne expérience. L'empreinte de la macération est telle qu'elle tend parfois à dominer l'expression du cépage et du sol. Toutefois, les bons dégustateurs parviennent à identifier les régions par l'observation de traits spécifiques à un terroir septentrional ou à un climat méditerranéen par exemple. Pour devenir vous-même un·e pro de la dégustation, considérez d'obtenir votre diplôme WSET.

Est-il habituel qu'un vin orange présente un aspect trouble ?

Oui, la présence d'un léger trouble ou d'un dépôt au fond de la bouteille est courante. La majorité des vignerons choisissent de ne pas filtrer ni coller ces cuvées. Cette démarche préserve l'intégrité de la matière et la richesse texturale obtenues durant la vinification.

Quel est le potentiel de vieillissement d'un vin orange ?

Il est exceptionnel. Grâce à l'oxydation ménagée et à la présence de tanins, les grandes cuvées de macération, notamment celles de Croatie, de Slovénie ou du nord de l'Italie, gagnent en élégance avec le temps. Elles requièrent parfois une dizaine d'années en cave pour fondre leur structure et s'exprimer pleinement.

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